Listy Norwida wobec tradycji epistolarnej

  • Zbigniew Sudolski

Abstrakt

Les lettres de Norwid face a la tradition epistolaire

L'article est composé de deux parties différentes - d’une introduction dans laquelle l’auteur caractérise la tradition épistolaire avant Norwid et de la partie essentielle où il détermine les principaux traits distinctifs des lettres de Norwid.

L’épistolographie moderne se développait en opposition à la lettre traditionnelle, sourtout à ses fonctions utilitaires et pratiques définies par un canon de normes et de règles; pourtant elle en a gardé deux éléments: la conviction qu’une lettre est le reflet de l’âme de celui qui l’écrit (Demetrios) et la tradition de la lettre philosophique et morale (César, Pline, Saint Paul). La première trame fut empruntée surtout par les sentimentalistes lançant la théorie de la lettre-confession. Jean III Sobieski dans ses lettres à Marysieńka en fut chez nous le précurseur. Le sentimentalisme libéra définitivement la lettre du joug des normes et de ses fonctions utilitaires tandis que le développement de la presse et des formes nouvelles des périodiques affranchit la lettre de sa fonction d’information tout en la tournant vers le psychisme du créateur-auteur. En découvrant la possibilité d’exprimer leurs propres sentiments dans les lettres, les romantiques provoquent une rupture définitive avec toutes les normes épistolaires. Perpétuer les expériences vécues et confesser, soit à un ami ou à une bienaimée, les secrets du coeur les plus intimes, devient le principal but de la correspondance. Une grande richesse de sujets, les descriptions, l’observation du monde et des hommes constituent le contenu de la lettre romantique. L’expression et l’originalité deviennent le souci principal de l’épistolographie de l’époque.

Norwid avait une excellente connaissance de la tradition du genre, il était conscient des origines utilitaires de la correspondance, mais il manifestait le besoin d’être original, de rompre avec „l’oisiveté" de la lettre mondaine et d’aborder les problèmes philosophiques et moraux. Dans son principe la lettre de Norwid est une continuation de la conversation sociale gardant son caractère improvisateur et de la confession intime mais elle diffère nettement de la lettre romantique trop „bavarde” et surchargée de descriptions.

L’essence de la correspondance de Norwid prend son origine dans la technique même d’écrire dictée par les conditions matérielles - la lettre prenait naissance certains jours désignés d'avance, pendant les interruptions momentanées de ses activités de peintre et de sculpteur - activités qui ne lui permettaient pas „d’écrire plus librement”. D'une façon délibérée il évitait les sujets personnels, les descriptions d’états psychiques complexes, il negligait les réalités et les détails de la vie quotidienne. La lettre de Norwid se détourne de la conventionnelle lettre-confession, du culte du biographisme, pour devenir une lettre-conversation intellectuelle. Norwid met en question la convention fondamentale de la lettre romantique traditionnelle constituant une confession-aveu; l’expression de la personnalité si typique pour le romantisme se traduit chez lui d'une manière différente - au niveau intellectuel, dans les généralisations supraindividuelles formulées à partir de l’observation pénétrante du monde et des hommes. Ce fut le sens du terme norvidien: „écrire avec sa vie” qui consistait à formuler des jugements à partir des expériences historiques, sociales et personnelles. C’est pourquoi Norwid entendait autrement le rôle du destinataire; pour lui ce ne fut pas un médium qui déclenche les plus intimes confessions mais un intermédiare permettant de transmettre la pensée du poète à la culture nationale. Les devoirs du poète ainsi formulés dégagent la correspondance de Norwid des exaltations psychologiques ainsi que de la description détaillée d’impressions provoquées par les voyages. Par contre, les éléments de ces descriptions lui servent aux réflexions philosophiques et morales plus profondes.

Dans l’oeuvre de Norwid apparaissent de temps en temps des lettres traitant plusieurs sujets et contenant des éléments d’une description, d’une situation personnelle et des observations générales que le poète appelait „lettres écrites en prose” et qu’il évitait. Il ne supportait pas non plus le commérage et toutes informations détaillées dont était remplie la lettre traditionnelle. Si parfois il introduisait dans sa lettre une relation détaillée, il l’appelait „photographe”; d’ailleurs elle lui servait de généralisation. Il réduisait l’essence de la lettre à „écrire avec sa vie” seul ce qui est vrai et ce qui par suite lui servait à exposer une réflexion philosophique et morale conduisant aux vérités éternelles et s’inspirant de la Bible et surtout du Nouveau Testament. Sa vision du monde est entièrement pénétrée par la religiosité romantique. En tant qu'épistolier Norwid tendait à dégager la lettre de l’inutile surabondance de sujets et en cela il fut en opposition à la lettre romantique traditionnelle, par contre, dans la réflexion intellectuelle qu’il introduisit dans sa correspondance, il penchait vers le romantisme.

Les principes essentiellement différentes de la lettre de Norwid visibles dans le contenu de sa correspondance en ont également marqué la forme: information limitée concernant le temps et le lieu où la lettre a pris naissance, élimination de ses éléments traditionnelles, diversité de forme et de langue ainsi que de sa représentation graphique. Construction voulue fragmentaire et à l’état d’esquisse.

Opublikowane
2020-02-24
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